Nous la mer elle nous a pris, on s’souvient… un mercredi !!
Par une belle journée ensoleillée, nous débarquons sur l’île de Chiloé, au sud du Chili. Une chance, quand depuis plus d’une semaine on nous averti de la pluie qui nous attend dans cette région ! On se fait déposer juste avant la ville de Castro, capitale de l’île, afin de trouver un endroit pour établir notre campement. Tant qu’à faire, autant s’installer en bord de mer ! Bon, dans le coin, pas de plage de cocotiers mais plutôt un paysage sauvage fait de collines verdoyantes et d’herbes hautes découvertes à marée basse.
Je trouve un emplacement sec que la mer n’a apparemment pas vu depuis un moment, je commence à piétiner les hautes herbes. Le soleil me chauffe le visage, il est cinq heures de l’après-midi, la vue est superbe… Parfait !! Alex me montre un autre emplacement : un tas de cailloux à l’ombre, certes plus rassurant car plus loin du bord de mer, mais beaucoup moins attrayant… Alex préfère la sécurité, moi la beauté… j’ai le dernier mot !

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Lorsque nous allons demander un peu d’eau à nos voisins (les habitants de la maison d’à côté) on en profite pour se renseigner sur la marée…
– L’eau ne risque pas de monter jusqu’à notre tente ?
– Oh, elle monte au moins jusqu’en haut tout là-bas, ironise-t-il.
Nous sommes rassurés. Après avoir avalé un délicieux velouté d’asperges, nos charmants voisins, Oscar et Teresa, viennent nous inviter à boire un café (enfin ça c’est qu’ils disaient, en fait c’était un guet-apens pour nous faire goûter un plat typique, à base de moules, d’oignons et de citron : le chorito… Et c’était délicieux !!)
Il est près d’une heure du matin lorsque nous regagnons notre lit, ravis de notre agréable soirée et de l’invitation d‘Oscar à nous emmener voler au-dessus de l’île en avioneta. Nous nous endormons tranquillement, rêvant déjà à la superbe journée qui nous attend… Quand tout à coup, un petit bruit me réveille. Tiens, il pleuviote… Bon, normalement tout est emballé, pas de soucis… Je me retourne et je me rends compte que je rebondis étrangement dans mon lit… je change à nouveau de position pour vérifier… même sensation ! Alors je me réveille un peu plus et là je teste mon matelas en donnant des coups dedans et je sens comme des vagues sous mon lit !
–       ALEXXXX !!! YA DE L’EAU !!!!
–       Hummm ? Comment ça ya de l’eau ? Mais non, il ne pleut pas…
–       Non, sous nous ! Ya de l’eau sous nous !!
–       Quoi ?!!
Je réalise alors que ce n’est pas la pluie que j’ai entendu, mais la mer monter petit à petit jusqu’à nous… Alex enfile son pantalon et les secousses qu’il produit commencent à faire entrer l’eau partout dans la tente. Par où on commence ?! Sauver nos sacs, posés à l’extérieur de la tente. On emmène toutes nos affaires le plus vite possible sur le fameux tas de cailloux où Alex avait proposé qu’on s’installe… On retourne chercher la tente, il faut retirer les sardines, elles sont recouvertes de 15 bons centimètres d’eau de mer ! On en récupère cinq sur six, déplace la tente et Alex escalade la clôture de nos voisins pour aller frapper à leur porte pendant que je sors de la tente les matelas, draps et duvets trempés. Une chance, Oscar et Teresa finissent par se réveiller, nous aident à tout rentrer, préparent un feu, des chaussettes bien chaudes, une bouillotte et un lit douillet… « Il va faire beau demain, tout va sécher un clin d’œil » nous rassure Oscar… « On vous avait proposé de mettre la tente dans le jardin, on aurait dû insister » ajoute Teresa.
Ou peut-être aurais-je juste dû écouter la voix de la raison et installer la tente où Alex l’avait proposé… Oui, mais alors nous n’aurions pas eu d’histoire à raconter ! 😉
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P.S. : nous apprîmes le lendemain qu’il y avait eu des petits tremblements de terre au large de l’île durant la nuit, ce qui expliquerait peut-être pourquoi l’eau a tant monté… Le fait est que, grâce à cette mésaventure, nous avons pu faire la connaissance d’un couple chilien adorable avec qui nous avons passé deux jours fort sympathiques ! Comme dirait Oscar « las cosas ocurren por algo » (les choses n’arrivent pas par hasard)…